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Page:Revue des Deux Mondes - 1840 - tome 23.djvu/753

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LETTRES DU NORD


ET


DU MIDI DE L'EUROPE




V.
LA SICILE.




« Vous avez souvent entendu parler de Syracuse, la plus grande des villes grecques, la plus belle de toutes, » écrivait Cicéron en commençant une longue description que lit immanquablement tout voyageur un peu instruit, en mettant le pied au milieu des ruines actuelles de Syracuse, si toutefois on peut donner le nom de ruines aux rares vestiges de monumens antiques qui s’offrent devant vous. Encore, s’il ne restait à Syracuse que des ruines, comme à Palmyre, si l’on errait, comme à Balbek, dans un immense labyrinthe de temples détruits, de colonnes renversées, du milieu desquelles se font entendre, non des voix humaines et le bruit actif de l’industrie, mais les cris des chacals et des grands aigles réfugiés sous les voûtes des monumens abandonnés, on trouverait l’émotion qu’on cherche et