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Grey, lord Howick et sir Charles Wood, le ministère ne peut réunir que 298 voix contre 301. Forcé dans ses derniers retranchemens, le ministère alors propose lui-même un bill qui doit, dit-il, remédier aux abus signalés par lord Stanley, et il demande que ce bill ait la priorité. Cette fois encore, bien que lord Howick et sir Charles Wood lui reviennent, il est battu par 206 voix contre 195. Le bill alors suit son cours, et, dans la discussion des détails, le ministère est un jour vainqueur et le lendemain vaincu, jusqu’à ce qu’entraîné par une manœuvre habile d’O’Connell, et pressé par le temps, lord Stanley retire lui-même sa proposition, et ajourne le combat jusqu’à la prochaine session.

Tel est le compte des échecs graves que le ministère a subis dans le cours de la session qui finit. En revanche, il faut le dire, chaque fois que, par un vote direct, le parti tory a voulu mettre son existence en question, le cabinet a eu la majorité. Mais quelle majorité ? 21 voix d’abord, puis 9 voix seulement (272 contre 261), lors de la motion de lord Graham sur la Chine ; et cependant, sur cette affaire de la Chine, le duc de Wellington, on l’a su depuis, ne partageait pas l’opinion de ses amis.

La session du moins a-t-elle été, sous d’autres rapports, utile et productive ? Jamais, au contraire, session ne fut plus mal employée et ne produisit moins. De la grave question des taxes de l’église, pas un mot, si ce n’est le jour où M. T. Duncombe, appuyé par soixante-deux amis, en a demandé l’abolition pure et simple. Deux débats lourds et trainans sur la loi des céréales, terminés l’un par 225 voix contre 129, l’autre par 300 voix contre 177, bien que tous les ministres membres de la chambre des communes votassent avec la minorité ; deux motions enfin, l’une de M. Ewart, pour abolir la peine de mort, rejetée par 161 voix contre 90, l’autre de M. Kelly, pour en réduire l’application, à peine discutée et morte sans bruit au milieu de l’indifférence générale ; voilà tout ce qui mérite d’être cité. Qu’on ajoute le bill de l’union des Canadas, voté par les deux chambres presque sans opposition, malgré le dissentiment du duc de Wellington ; un bill pour répartir plus équitablement les revenus ecclésiastiques, combattu par les ultra-tories, mais appuyé par une portion du banc des évêques et par les tories modérés ; enfin, l’éternel bill des corporations irlandaises, de nouveau voté par la chambre des communes, de nouveau mutilé par lord Lyndhurst, et, en dernier lieu, accepté de guerre lasse par le ministère tel que la chambre des lords l’a voulu, et l’on connaîtra, à peu de chose près, tout le bilan de