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Page:Revue des Deux Mondes - 1840 - tome 23.djvu/695

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alors livré à sa propre faiblesse, et pour lui commença une suite d’échecs dont il est douteux qu’il puisse se relever. Dans les premiers jours de la semaine, un membre tory, M. Charles Buller, soutenu par toutes les nuances de son parti, avait proposé de déclarer positivement que « le ministère ne possédait pas la confiance de la chambre des communes, » et cette motion, combattue par toutes les nuances du parti réformiste, moins six membres qui s’étaient abstenus, avait été rejetée à la majorité de 308 membres présens contre 287. Mais dans la discussion, sir Robert Peel et lord Stanley, prenant une attitude nouvelle, annoncèrent que le parti tory se croyait désormais assez fort pour prendre le pouvoir et qu’il agirait en conséquence. C’était déclarer au cabinet une guerre acharnée et quotidienne. Or, voici sommairement quels ont été les résultats de cette guerre.

Au mois de janvier, les ministres proposent une dotation de 50,000 livres sterling pour le prince Albert. Sur la motion du colonel Sibthorpe, membre tory, la chambre, à la majorité de 262 voix contre 158, substitue 30,000 livres à 50,000. Peu de jours après, la chambre des lords va plus loin encore, et force lord Melbourne à retirer du bill la clause qui assure la préséance du futur époux de la reine.

En février, M. Herries, ancien chancelier de l’échiquier, demande la production de certains documens financiers, sans dissimuler que cette demande implique une censure sévère des actes du ministère. La motion de M. Herries, vivement combattue par le cabinet, passe à la majorité de 182 voix contre 172, bien que trois radicaux seulement, MM. Hume, Grote et Jarvis, se joignent aux tories.

Dans le même mois de février, M. Liddell propose de blâmer par un vote formel la pension donnée à sir John Newport, contrôleur de l’échiquier, pour le déterminer à céder sa place à lord Monteagle (M. Spring-Rice), membre récemment sorti du cabinet. Neuf radicaux, dont MM. Hume, Grote, Leader, Molesworth et Wakley, votent avec M. Liddell, et le ministère est blâmé par 240 voix contre 212.

Puis arrive le fameux bill de lord Stanley sur l’enregistrement des électeurs irlandais, bill habilement combiné, et dont la seconde lecture est adoptée par 250 voix contre 234, malgré les efforts du ministère, secondé cette fois par tous les radicaux. Après la vacance de Pâques, le bill est repris, et le ministère, qui a convoqué toute son armée, essaie de prendre sa revanche et d’empêcher que le bill ne passe en comité ; mais, abandonné par le fils et le gendre de lord