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Page:Revue des Deux Mondes - 1840 - tome 23.djvu/685

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principales : le ministère Grey, le premier ministère Melbourne, le second ministère Melbourne après la tentative des tories en 1834 jusqu’à sa retraite au mois de mars 1839, le troisième ministère Melbourne depuis mars 1839 jusqu’à ce jour. La première époque, qui vit réunis sous le drapeau de lord Grey des hommes tels que lord Stanley et lord Durham, lord John Russell et sir James Graham, lord Brougham et lord Ripon, lord Howwick et le duc de Richmond, lord Melbourne et lord Althorp, est certainement la plus brillante et la plus féconde. Le parti whig, récemment arrivé aux affaires, et plein de confiance en lui-même, marchait avec ensemble, avec ardeur, sous un chef à qui trente années d’une vie politique glorieuse avaient assuré l’affection de ses amis et le respect de tous. C’est alors qu’eut lieu, au sujet du bill de réforme, la grande lutte des communes contre les lords, lutte presque oubliée aujourd’hui, mais qui n’en est pas moins un évènement extraordinaire et significatif. Pour bien apprécier la portée de cet évènement, il faut se souvenir de deux choses : la première, qu’au commencement de 1830 la vieille loi électorale était encore entourée de tant de respect que, de peur d’y porter la plus légère atteinte, la chambre des communes refusait d’accorder à des villes telles que Manchester et Birmingham un ou deux représentans ; la seconde, que jusqu’alors, directement ou indirectement, la voix des lords avait toujours été prépondérante. Dix-huit mois après, un bill devenu loi de l’état, malgré la chambre des lords, supprimait toutes les vieilles fictions électorales, et établissait partout le principe de la représentation.

Que le bill de réforme soit, dans quelques-unes de ses dispositions secondaires, plus ou moins satisfaisant et durable, il n’en faut pas moins reconnaître que le ministère à qui ce bill est dû a fait une grande chose. Mais ce n’est pas tout, et le bill de réforme est loin d’être le seul titre du ministère Grey. Ainsi c’est le ministère Grey qui a fait passer le premier bill pour rendre permanente et obligatoire la conversion des dîmes en une rente foncière. C’est lui qui, par une initiative hardie, a porté le premier coup à l’église irlandaise en supprimant dix évêchés et une foule de sinécures ecclésiastiques. C’est lui qui a préparé la réforme des lois municipales et apporté dans les lois civiles et militaires d’importans changemens ; c’est lui enfin qui a eu l’insigne honneur d’attacher son nom à l’abolition de l’esclavage. Et tout cela s’est fait depuis la fin de 1832 jusqu’au commencement de 1834, à travers les agitations inséparables de la grande révolution légale qui venait de s’opérer, quand, à l’extérieur, la question de