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POMPEÏ.




Avant de parler de cette ville étrange, qui renaît au jour après avoir été ensevelie dix-huit siècles sous la terre et les cendres dont la couvrit le Vésuve dans sa terrible éruption de l’année 79, il convient, et la reconnaissance m’en fait un devoir, que je dise quelques mots du guide qui m’a dirigé dans l’intéressante visite des ruines de Pompeï.

Le célèbre architecte Fontana, celui qui a dressé sur les places de Rome les nombreux obélisques cédés par l’Égypte à l’ancienne maîtresse du monde, était de Lugano, en Suisse. Il vint à Rome, jeune encore, et y fonda sur d’importans travaux une grande et légitime renommée ; puis, appelé à Naples par le bruit de son nom, il y bâtit le Palanzzo reale, le plus bel édifice de cette grande capitale, et jeta, il y a deux siècles et demi, les fondemens du musée des Studi, où l’on rassemble en ce moment, à côté des chefs-d’œuvre de l’art moderne, tous les débris de l’art antique. Par une coïncidence singulière, M. Pietro Bianchi est né en Suisse, et dans la même petite ville de Lugano. Élève à Paris de l’architecte Percier, lauréat au concours et pensionnaire à Rome, sous Napoléon, M. Bianchi s’est d’abord fixé dans cette ville. Comme Fontana, il y a exécuté des travaux remarquables, et, comme Fontana, appelé à Naples, il est devenu l’architecte le plus distingué du royaume des Deux-Siciles, où il termine justement ce musée des Studi qu’avait commencé son célèbre compatriote. Par un