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Page:Revue des Deux Mondes - 1840 - tome 23.djvu/260

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LA PEINTURE


ET LA SCULPTURE


EN ITALIE.




De curieux calculs ont établi que, depuis les premiers temps de la renaissance, l’Italie avait dépensé à bâtir et à décorer ses églises une somme égale à celle que produirait la vente de sa superficie tout entière. Il n’est donc pas surprenant que, pendant près de trois siècles, ce pays ait été le sol classique des beaux-arts. Les germes qu’une latitude heureuse y avait déposés s’y trouvaient fécondés par la superstition des peuples et l’intelligent despotisme de souverains viagers qui ne voulaient pas mourir tout entiers ; la piété des uns, la politique des autres, la vanité du plus grand nombre, contribuèrent à la fois au rapide développement de l’art, qui leur dut bientôt une splendeur sans égale.

Les deux tiers des richesses d’un pays se trouvent d’ordinaire entre les mains des vieillards. En Italie, à Rome surtout, ces riches vieillards formaient l’aristocratie de la nation. Beaucoup étaient dans les ordres ; la plupart croyaient sincèrement. Habitans d’un pays où l’homme est naturellement passionné, et vivant à une époque de