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Page:Revue des Deux Mondes - 1840 - tome 21.djvu/821

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réunis ; à M. Chevreul, qui sait porter le flambeau de la philosophie dans toutes les questions dont il s’occupe ; à M. Berthier, qui s’est créé une si brillante spécialité dans la chimie minérale ; à M. Robiquet, qui a fait tant d’observations ingénieuses ; à toute la section de chimie, en un mot, que la France doit cette jeune et brillante école à la tête de laquelle se sont placés MM. Dumas et Pelouze, et qui compte, même en dehors de l’Institut, tant d’habiles chimistes. Dumas, esprit supérieur, si connu pour le succès de ses leçons et pour sa belle théorie des substitutions, appartient à cette famille Brongniart, qui actuellement a cinq de ses membres à l’Académie des sciences, et dont le chef semble éviter avec un soin particulier de faire usage de l’influence que ses travaux et sa position lui ont si bien méritée. Les Brongniart et les Geoffroy paraissent destinés à remplacer à l’Institut les Cassini et les Jussieu, qui honorent la science depuis si long-temps, et qui malheureusement semblent ne pas devoir laisser de postérité académique.

Si la chimie est la science que l’on cultive actuellement avec le plus d’ardeur et de succès parmi nous, la physique ne se trouve pas dans un état aussi prospère. Ce n’est pas que, même après la perte irréparable d’Ampère et de Dulong, l’Académie ne renferme des physiciens du premier ordre. La section de physique est une des plus fortes de l’Institut ; mais au dehors les physiciens sont rares, et le nombre des candidats est fort restreint quand il y a quelque vide à remplir. Cependant une section qui se compose d’hommes tels que MM. Gay-Lussac, Poisson, Savart, Becquerel et Pouillet, et qui se trouve renforcée par MM. Arago et Biot, et par les chimistes de l’Académie, lesquels en général sont aussi de très habiles physiciens, doit nécessairement exercer son influence dans le public, et ramener à l’étude des grandes lois de la nature ces esprits ingénieux qui maintenant ne semblent prendre intérêt qu’aux phénomènes particuliers de la chimie organique. Le champ est vaste et promet de riches moissons. Malheureusement, la physique ne mène pas, comme la chimie, à la fortune, et, dans notre siècle, le moindre perfectionnement sur la fabrication du sucre de betterave aura toujours plus de retentissement dans le public que toutes les belles recherches de M. Savart sur l’acoustique, ou de M. Becquerel sur l’électricité.

De même que la chimie, la mécanique est destinée à satisfaire aux besoins actuels de la société : aussi, non-seulement elle se trouve dignement représentée à l’Institut par des hommes du plus grand mérite, mais il y a au dehors plusieurs savans distingués que l’on