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Page:Revue des Deux Mondes - 1840 - tome 21.djvu/707

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NOUVELLES SATIRES


PAR M. AUGUSTE BARBIER




Les deux satires, nouvelles que M. Auguste Barbier vient de publier ne rappellent en rien les premiers poèmes qui ont fondé la popularité de son nom. Quoique la première de ces deux satires soit exclusivement politique, l’auteur a cru devoir choisir, pour sa pensée un moule qui n’a rien, de commun avec celui de l’Idole et de la Curée. Si nous en croyons la préface du nouveau volume, M. Barbier s’est proposé de fondre ensemble la comédie et la satire. A l’appui de cette tentative, il invoque l’exemple des anciens ; nous croyons qu’il s’est mépris sur la nature et la portée du conseil que lui offrait la littérature latine. Plusieurs fois, il est vrai, les satiriques romains ont eu recours au dialogue pour donner plus de vivacité, plus de variété à l’expression de leur pensée ; mais ils ont toujours eu soin de ne pas empiéter sur le domaine de la comédie. Les interlocuteurs qui leur servent d’interprètes parlent et n’agissent pas. Or, c’est là précisément ce que M. Barbier n’a pas su éviter. Au lieu de se contenter des interlocuteurs de la satire latine, il a voulu créer des personnages vivant et agissant à la manière des personnages comiques. Il a encadré ces personnages dans une action, et dès-lors il nous a donné le droit de discuter rigoureusement la vraisemblance de leur conduite. C’est là, si je ne m’abuse, un grave, inconvénient : il faut choisir entre la comédie et la satire, car il me paraît impossible de soumettre le développement et l’expression de la pensée, aux conditions combinées de ces deux poèmes. La satire et la comédie, en essayant de s’allier, se gênent mutuellement et n’arrivent à produire qu’une impression confuse. Si la valeur, théorique des idées que nous exprimons ici pouvait être contestée, la nouvelle satire politique de M. Barbier ne laisserait