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Page:Revue des Deux Mondes - 1840 - tome 21.djvu/674

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réussit, me donner un commencement de réputation qui suffira pour quadrupler le prix de mes travaux. Je vais mettre la main à l’œuvre aussitôt que le congrès de Vérone aura publié une déclaration. C’est nécessairement le point de départ. Je vais maintenant te parler des connaissances que j’ai faites à Londres.

« Je mets en première ligne M. James Mackintosh, membre whig du parlement, beau-frère de Sismondi et de Jeffrey, principal rédacteur de la Revue d’Édimbourg. Une instruction qui m’a paru immense, une philosophie politique très éclairée, caractérisent M. Mackintosh, si je puis en juger. Au reste, sa réputation en Angleterre est très avantageusement établie. Il parle le français plutôt bien que facilement ; il connaît beaucoup Paris. Tu sais peut-être qu’il a défendu notre révolution contre Burke, et sa voix s’est constamment élevée dans le parlement en faveur de la cause de l’indépendance des nations et des améliorations sociales. M. Austin et sa famille, jeune avocat encore obscur, mais tête très pensante, disciple de M. Bentham, que lui et sa femme connaissent particulièrement. Celle-ci est une personne d’un excellent caractère, prodigieusement instruite pour une femme, mais n’en étant pas moins aimable. Elle veut bien me donner quelques leçons d’anglais, dont je profite peu, malgré l’attrait que pourraient offrir les leçons d’une femme de vingt-sept à vingt-huit ans, d’une figure très agréable. C’est une connaissance intéressante que je cultiverai avec soin, et voilà tout. Quant à M. Bentham, la bizarrerie de son caractère et la difficulté de l’approcher sont des choses connues ici. M. Bowring est son favori ; mais j’ai encore très peu vu M. Bowring. J’espère voir sous peu M. Wilberforce et M. Brougham. J’ai reçu quelques invitations de plusieurs radicaux ; mais il ne convient pas de me montrer dans un rapport trop intime avec le parti radical exalté… »

10 décembre 1822.

« J’ai reçu des nouvelles de ma femme, elle et nos enfans se portent à merveille ; mais mon aîné Théodore m’inquiète, il a besoin d’instruction, de surveillance ; il a besoin de son père en un mot, et cependant il m’est impossible de l’appeler auprès de moi. Mes faibles ressources s’épuisent rapidement… »

25 décembre.

« … Que je craignais avec raison l’Angleterre ! mais je ne l’en estime pas moins… »