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Page:Revue des Deux Mondes - 1840 - tome 21.djvu/637

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dans le Texas, quand les États-Unis entamèrent des négociations avec le gouvernement de Mexico, pour l’acquisition de cet immense territoire. Les ressources naturelles du pays, la beauté de son climat, la possibilité d’établir sur ses fleuves la navigation à la vapeur, étaient alors bien reconnues dans toute l’Union, et principalement dans les nouveaux états de l’ouest et du sud. Ces derniers avaient de fréquens rapports avec les colons du Texas, qui, pour la plupart, étaient sortis de leur sein ; surchargés d’esclaves, ils voyaient dans l’acquisition du Texas un moyen d’écoulement pour le superflu de cette population noire qui perdait chaque jour chez eux de sa valeur, et dont ils ne pouvaient utiliser les bras en proportion de son accroissement. Le Texas, au contraire, offrait au travail esclave une carrière presque sans bornes, et pour ainsi dire inépuisable, non moins par son étendue que par le genre de cultures auquel la richesse de ses plaines vierges promettait le plus beau succès. En transportant leur frontière au Rio-Bravo-del-Norte, les États-Unis se seraient considérablement rapprochés des grands districts métallifères, et de plusieurs provinces du Mexique, dont la population, déjà ancienne, assez riche, et privée d’industrie, aurait assuré à leur commerce un précieux débouché. C’eût été enfin un pas de plus, et un grand pas vers la mer de Californie et l’Océan Pacifique, si laborieusement atteint, mais beaucoup plus au nord, par les âpres défilés des Montagnes Rocheuses, et les déserts sablonneux de leur revers occidental. Aussi, à la fin de 1829, et pendant les premiers mois de 1830, l’idée d’acquérir le Texas devint-elle très populaire dans le Tennessee, le Missouri, l’Arkansas, la Caroline du sud, la Virginie, et généralement dans tous les états à esclaves. Le bruit s’étant répandu alors que M. Poinsett, ministre des États-Unis à Mexico, négociait avec le gouvernement de cette république pour l’acquisition du Texas, les journaux de Baltimore, de Saint-Louis, de Charleston, s’emparèrent de la question, et favorisèrent ce projet avec une ardeur extraordinaire. Une suite d’articles sur ce sujet, publiés dans un journal du Missouri, et qui produisirent une vive impression, fut attribuée au colonel Benton, qui siége actuellement dans le sénat des États-Unis, où il s’est signalé par la véhémence de son zèle pour l’administration du général Jackson. D’autres articles dans le même sens furent écrits sous l’influence du gouverneur M. Duffle, de la Caroline du sud. On croyait d’ailleurs, et avec raison, que le nouveau président était personnellement favorable aux vues des états du sud et de l’ouest, sur le Texas. Défenseur de la Louisiane contre les