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Page:Revue des Deux Mondes - 1840 - tome 21.djvu/627

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buffalo (bison), servirent de tentes. Celle du vieux chef fut établie la première à une certaine distance des autres ; elle était la plus spacieuse et la mieux construite ; deux femmes qui paraissaient appartenir au vieux chef avaient été chargées de ce soin.

Les Comanches sont, pour la plupart, d’une taillé élevée ; leur peau est d’un rouge foncé, et leurs cheveux sont invariablement d’un noir de jais. Quelques-uns, et il m’a semblé que c’était surtout les chefs, les portaient fort longs et pendans en arrière sous la forme d’une tresse jusqu’au milieu du dos ; De belles plaques d’argent, de deux à trois pouces de large, placées à quelque distance les unes au-dessous des autres, étaient attachées à cette tresse. Le vieux chef en avait cinq.

Presque tous ces sauvages avaient, au-dessus du coude, un large anneau de cuivre d’où pendait un grand nombre de chevelures, dont quelques-unes offraient encore des traces d’un sang noir et desséché. Cet anneau de cuivre était chez quelques-uns remplacé par un anneau d’or très grossièrement travaillé. Un Indien d’une vingtaine d’années portait au-dessus du coude deux de ces anneaux auxquels étaient suspendues douze à quinze chevelures, parmi lesquelles il était aisé de distinguer des cheveux différens de ceux des Indiens.

Les hommes étaient généralement enveloppés d’une grande couverture teinte en rouge ou de couleur lie de vin. Quelques-uns portaient une peau de buffalo avec le poil tourné en dedans. Les femmes étaient toutes et sans exception vêtues d’une espèce de pantalon collant en peau de daim tannée, et d’une veste ronde, souvent sans manches, aussi en peau de daim ; quelques-unes avaient aux doigts des anneaux d’or très grossièrement travaillés. Presque toutes portaient des colliers de verroterie, et il était aisé de voir que les grains de verre allongés, blancs ou rouges ; charmaient surtout les belles Comanches.

Les enfans, dont les plus jeunes n’avaient pas moins de six à sept ans, étaient généralement nus. Mais de tous ces Indiens, celui dont l’accoutrement était le plus étrange, c’était, sans contredit, le vieux chef. Il avait pour vêtement une étroite ceinture rouge au milieu du corps, un habit bleu à collet rouge, des débris d’épaulettes et des boutons de métal, habit analogue à ceux de nos gardes nationaux ou de nos soldats d’infanterie, et un chapeau recouvert de toile cirée, comme ceux de nos postillons. Ce chapeau était celui d’un Mexicain qu’il avait tué peu de temps auparavant, dans une excursion sur les bords du Rio-Grande. Les mœurs des Comanches nous sont peu