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Page:Revue des Deux Mondes - 1840 - tome 21.djvu/581

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eaux croissent long-temps avant la saison des pluies par la fonte des glaces et des neiges, nonobstant la longueur extraordinaire de son cours. Sa pente paraît être très douce, comme dans tous les grands fleuves ; sa vitesse moyenne ne dépasse pas 2 milles et demi anglais par heure, tandis que toutes les rivières du Pandjâb parcourent un mille anglais de plus dans le même espace de temps, ce qui s’explique par leur plus grande proximité des montagnes. De l’ensemble des faits observés, il résulte que l’Indus a un volume d’eau plus considérable que le Gange, quoique le Gange paraisse surpasser de beaucoup l’Indus dans le développement grandiose de son lit. Le Gange semble offrir plutôt le caractère d’un torrent de montagnes qui dans une saison inonde tout, et dans une autre accuse une pauvreté d’eau remarquable ; l’Indus, au contraire, roule toujours ses eaux également abondantes vers l’Océan. De son côté, le Gange, présente d’autres contrastes et d’autres avantages partiels en opposition à ce développement plus régulier du cours de l’Indus, qui rappelle celui du Rhin. Ces contrastes viennent d’un plus riche déversement des pluies sur son domaine fluvial et d’une irruption plus profonde de la marée ; deux rapports qui, dans le domaine de l’Indus, situé plus à l’ouest, sont d’une moindre importance, excepté pendant le règne des moussons. L’action de la marée dans l’Indus pénètre à peine jusqu’à Tatta ; est-ce à cause d’un plus grand volume d’eau douce, qui oppose une plus grande résistance à la pression des vagues de la mer, ou bien serait-ce que les grandes embouchures de ce fleuve sont situées peu favorablement pour admettre une pénétration complète de la marée ? Quoi qu’il en soit, il est certain que la marée, dans l’Indus, reflue avec une vitesse incroyable, surtout dans le voisinage de l’embouchure. La plus grande marée moyenne, dans le Gange, paraît être de douze pieds ; dans l’Indus, à la pleine lune, la marée observée par Burnes atteignait neuf pieds, mais la hauteur moyenne n’a pas été observée, que nous sachions.

Ces résultats sont d’une extrême importance pour l’étude de la navigation sur l’Indus. L’application de la vapeur à cette navigation sera grandement facilitée par la découverte faite en 1830 de gîtes de bouille très riches, au-dessus d’Attock, à seize heures de marche seulement de cette forteresse, dans les montagnes de Cohat. Ces mines se trouvent ainsi à l’extrémité nord de la navigation possible sur l’Indus, comme il s’en trouve à son extrémité sud, et à proximité de son embouchure dans la province de Kutch. Il est, certes, très remarquable que l’Indus supérieur, même dans la saison sèche, n’ait pas moins de