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Page:Revue des Deux Mondes - 1840 - tome 21.djvu/578

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point de vus physique et sous le point de vue politique, ont été déjà signalées entre le Sindh et l’Égypte.

Il y a peu de villes de quelque importance dans toute l’étendue du pays ; la plus considérable est Shikarpour, dont la population est au moins de 26,000 ames, et qui, se trouvant située sur les bords d’un canal, à peu de distance de l’Indus, sur la grande route suivie par les caravanes, est devenue le centre de relations très actives [1]. Hyderabad, moins peuplé, quoiqu’elle soit la capitale actuelle du Sindh, ne compte, selon Burnes, que 20,000 habitans (Elphinstone lui en donne 80,000 !). Tatta, l’ancienne métropole, la Pattata d’Alexandre, a environ 15,000 ames. Viennent ensuite Larkhana, Kheyrpour, Mittun-Kote, Schwun, Karatchi, et quatre ou cinq autres de moindre importance. Au reste, les principales autorités que l’on puisse consulter ne s’accordent guère que sur le chiffre général de la population du Sindh, population qui ne semble pas, comme nous l’avons déjà dit, dépasser un million.

Les productions du règne végétal et du règne animal diffèrent peu de celles de l’Hindoustan. Le chameau et le buffle sont les deux grandes ressources du pays ; l"un et l’autre s’y sont prodigieusement multipliés : le chameau est petit, mais très vigoureux ; le buffle, d’une grande espèce au contraire, et donnant en abondance un lait très riche. Le mouton à large queue (doumba) est aussi très commun. Les produits de la pêche sont assez considérables, non-seulement pour fournir amplement à la consommation, mais encore pour former une branche d’exportation qui ne manque pas d’importance. Le commerce intérieur est insignifiant, la consommation des articles d’Europe est restreinte à la classe élevée ; mais à mesure que la population s’accroîtra avec la liberté et l’aisance des classes inférieures, de nouveaux besoins se développeront parmi ces classes, et nos toiles, nos indiennes, nos soies, nos velours trouveront des acheteurs, soit pour être employés sur les lieux, soit pour être exportés dans l’Asie centrale. Dans ces derniers temps, les principales importations consistaient en bois de construction, en indiennes, mousselines, calicots et autres tissus de Bombay, velours, soies, satins, fils de soie, noix de cocos, épiceries, métaux, ivoires, etc., des ports de l’Arabie et autres ports du sud. Goudjerât, Marwar et Djeyssulmire envoient du sucre et de l’opium de Malwa.

Les exportations consistaient en riz, sel, poisson (l’espèce appelée

  1. Voyez, pour des détails intéressans sur le Sindh et sur Shikarpour en particulier, les voyages et les mémoires de Burnes et les voyages de Conolly.