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Page:Revue des Deux Mondes - 1840 - tome 21.djvu/562

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que les deux grandes branches de l’Indus, — au sommet desquelles se trouve située Hyderabad, la capitale actuelle du Sindh, — désignées par les noms de Fulaili et de Pinyari, et qui constituent le Grand-Delta, sont desséchées en grande partie dans leur cours inférieur, en sorte que le véritable Delta de l’Indus se réduit à celui que forment immédiatement au-dessous de Tatta les bras du fleuve connus sous les noms de Baggaur et Sata, le premier, à son origine, coulant à angle droit dans l’ouest, le second au sud. Ces différens bras de l’Indus se divisent et se subdivisent à l’infini avant d’entrer dans la mer [1]. Les bouches de l’Indus changent fréquemment de position, ou du moins le chenal dans chaque bouche se trouve souvent déplacé et paraît rarement présenter la même profondeur pendant plusieurs années. L’Hadjamri est aujourd’hui l’entrée principale du fleuve. On croit avoir découvert une branche nouvelle navigable dans le voisinage du port de Karatchi, ce qui augmenterait encore l’importance de ce port ; mais cela demande confirmation. Karatchi et Vikkar, ou Bander-Vikkar, sont les principaux ports du Sindh ; des navires tirant jusqu’à 7 pieds d’eau peuvent remonter le fleuve de l’embouchure Hadjamri jusqu’à Vikkar. Ce bourg, avec les petits villages voisins, a une population d’environ 1,200 ames, abritée par de chétives huttes de roseaux plâtrées de boue ; le commerce de Vikkar est cependant plus considérable que ne le semble indiquer ce misérable extérieur. Il s’y fait pour cinq lacs de roupies d’affaires, et l’importance des relations de cette ville ne peut qu’augmenter. Le montant des exportations, d’après les derniers avis reçus, y a excédé de plus d’un tiers celui des importations. Le Sindh exporte, par cette voie, du riz, du ghi (beurre fondu), et du gourh (sorte de cassonade) il reçoit en échange, de Bombay, des toiles, sucres, teintures, du fer, du cuivre et du plomb ; de Maskat, des dattes, des fruits secs et des esclaves ; de Goudjerat et de Kutch, du coton ; de la côte de Malabar enfin, du poivre, du bois de construction, de grosses toiles, etc. Le commerce le plus actif paraît être celui qui se fait avec Bombay. Les

  1. Le bras le plus oriental de l’Indus, et qui par sa jonction avec le Fulaili (ou Foulaili) contribuait à former le Kori, dont l’embouchure est encore aujourd’hui la plus vaste de toutes et de l’aspect le plus grandiose, se nommait, du temps de Nader-Shâh, Nalla Sankra. Cette branche du fleuve, qui se détachait du tronc principal au-dessus de Bâkker, et qui traversait le petit désert du côté d’Omerkote, n’existe plus que comme un lit d’inondation. L’importance historique de ce nom de Nalla Sankra, inconnu aujourd’hui aux habitans du Sindh, nous est révélée par l’acte de cession des provinces à l’ouest de l’indus, signé par l’empereur Mohammed Shâh en faveur de Nader-Shâh.