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Page:Revue des Deux Mondes - 1840 - tome 21.djvu/33

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PAULINE.

DERNIÈRE PARTIE[1].


III.

Un an s’était écoulé depuis le passage de Laurence à Saint-Front, et l’on y parlait encore de la mémorable soirée où la célèbre actrice avait reparu avec tant d’éclat parmi ses concitoyens, car on se tromperait grandement si l’on supposait que les préventions de la province sont difficiles à vaincre. Quoi qu’on dise à cet égard, il n’est point de séjour où la bienveillance soit plus aisée à conquérir, de même qu’il n’en est pas où elle soit plus facile à perdre. On dit ailleurs que le temps est un grand maître ; il faut dire en province que c’est l’ennui qui modifie, qui justifie tout. Le premier choc d’une nouveauté quelconque contre les habitudes d’une petite ville est certainement terrible, si l’on y songe la veille ; mais le lendemain, on reconnaît que ce n’était rien, et que mille curiosités inquiètes n’attendaient qu’un premier exemple pour se lancer dans la carrière des innovations. Je connais certains chefs-lieu de canton où la première femme

  1. Voyez la livraison du 15 décembre 1839.