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Page:Revue des Deux Mondes - 1840 - tome 21.djvu/295

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Lionne impitoyable et jamais désarmée,
Ne bondis plus autour de mes malheureux flancs,
Et cesse de me suivre avec tes hurlemens !
Voici, pour t’apaiser, un sacrifice immense
Qui surpasse en hauteur, comme en magnificence,
Tous ceux que Jupiter et les dieux immortels
Virent jamais offrir au pied de leurs autels !
C’est plus que cent taureaux à la corne dorée
Que j’ose t’immoler, ô gorgone sacrée !
C’est mieux que du sang d’homme et des corps en monceau
Que je vais consumer du feu de mon flambeau ;
C’est un temple superbe et toute sa richesse ;
Le trône vénéré d’une grande déesse,
L’ouvrage merveilleux des hommes et des temps,
Des vases remplis d’or, des autels éclatans,
Des chapiteaux d’airain, des colonnes sublimes ;
Voilà mon hétacombe et voilà mes victimes !
O Mort ! Accepte-les, et que le vieux néant
Pour moi ferme à jamais son gouffre dévorant !

(Les trois femmes disparaissent, et il entre dans le temple.)


LES ESPRITS DU FEU


Enfans du Phlégéton, habitans du Tartare,
Sur les ailes des vents, courons, volons aux lieux
Où l’homme nous prépare
Une vaste débauche, un festin spacieux !

LES VENTS


Dragons, esprits du feu, déroulez vos spirales !
Nous venons à votre aide avec nos sifflemens ;