Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1840 - tome 21.djvu/113

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


leur autorité. Mais une politique différente paraissait plus que justifiée aujourd’hui par la conduite de ces chefs, et indispensable pour notre salut. Le bien-être de nos possessions dans l’Orient exige que nous ayons sur notre frontière de l’ouest un allié intéressé à s’opposer à l’agression et à maintenir la tranquillité, au lieu de chefs toujours disposés à servir les vues d’un pouvoir hostile et à favoriser ses plans de conquête et d’agrandissement.

Après de sérieuses et mûres délibérations, le gouverneur-général s’était convaincu qu’une nécessité pressante, aussi bien que les principes de la politique et de la justice, nous autorisait à épouser la cause de Shah-Shoudjâ-Oul-Moulk, dont la popularité, dans toute l’étendue de l’Afghanistan, avait été établie aux yeux de sa seigneurie par le témoignage aussi fort qu’unanime des meilleures autorités. Une fois arrivé à cette détermination, le gouverneur-général était également d’avis qu’il était juste et convenable, non moins à cause de la position du maharadja Randjît-Singh qu’en conséquence de son inébranlable amitié envers le gouvernement anglais, d’offrir à son altesse de prendre part aux opérations projetées. M. Macnaghten fut, en conséquence, député, en juin dernier, à la cour de son altesse, et le résultat de sa mission a été la conclusion d’un triple traité entre le gouvernement anglais, le maharadja et Shah-Shoudjâ-Oul-Moulk, traité qui garantit à son altesse ses possessions actuelles, et par lequel elle s’engage à coopérer au rétablissement du shah sur le trône de ses ancêtres. Les amis et ennemis de l’une quelconque des parties contractantes seront considérés comme amis ou ennemis des trois. Plusieurs points discutés entre le gouvernement anglais et son altesse le maharadja ont été réglés de manière à montrer aux états environnans l’identité de ses intérêts avec ceux de l’honorable compagnie. On offrira aux Amirs de Sindh une indépendance garantie à des conditions favorables, et la possession d’Hérat par son souverain actuel sera respectée dans toute son intégrité, en même temps que des mesures déjà prises ou en cours d’exécution auront pour résultat, on peut raisonnablement l’espérer, d’encourager la liberté générale et la sécurité du commerce. Le nom et la juste influence du gouvernement anglais se feront connaître d’une manière convenable parmi les nations de l’Asie centrale ; la tranquillité sera rétablie sur la frontière la plus importante de l’Inde, et nous élèverons une barrière durable contre les intrigues et les empiétemens de nos ennemis.

« Sa majesté Shah-Shoudjâ-Oul-Moulk entrera dans l’Afghanistan,