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cette certitude de dialectique que procure une philosophie religieuse, il démasque et déjoue les demi-conséquences, les réserves et les contradictions peu franches de l’école phrénologique en ce qui touche la morale et la nature de l’homme : en un mot, s’il ne prétend pas détruire, si peut être il ne discute pas assez en détail un certain nombre de faits particuliers (travail qui d’ailleurs a été exécuté en partie par M. Lélut que M. Cerise cite souvent), il porte à la phrénologie comme science un échec vigoureux dont elle devra tâcher, si elle peut, de revenir. On aime surtout à rencontrer, dans M. Cerise, un physiologiste, qui connaît réellement et qui approfondit avec originalité les grandes sources philosophiques.


— M. Patin vient de rouvrir, aujourd’hui 30, son cours de poésie latine à la Faculté des Lettres. Il parle cette année du siècle d’Auguste, mais il s’arrêtera auparavant sur Catulle, cet élégant devancier qui méritait d’en être. Dans cette première leçon, où le professeur a exposé les principaux traits de la poésie romaine arrivée à l’âge de perfection, les auditeurs charmés ont admiré et goûté, comme toujours, cette exquise urbanité de diction, cette aménité choisie de pensée et de termes qui caractérise M. Patin entre tous ceux qui professent aujourd’hui : il faudrait, pour bien exprimer ce mérite, désormais si rare, lui appliquer, dans le sens primitif et sérieux le mot de gentillesse d’esprit et de langage. En parlant dès aujourd’hui de Catulle, l’élégant critique a su en exprimer et en reproduire toute la grace : il a été catullien.


— L’Espagne, qui préoccupe si vivement l’attention publique, et qui se détache d’une façon si originale avec ses vestiges de barbarie et ses ébauches constitutionnelles sur la civilisation uniforme et prosaïque du reste de l’Europe, attend encore un historien. Aschbach, en Allemagne ; Bigland, en Angleterre ; Rabbe, en France, ont fait des tentatives plus ou moins heureuses. Aujourd’hui, M. Rosseeuw-Saint-Hilaire entreprend cette tâche difficile, de raconter l’histoire d’un peuple formé des élémens les plus divers, et dont les chroniqueurs, soit arabes, soit catholiques, doivent être soumis à la plus sévère critique. Un volume a paru[1], et contient la période gothique. M. Saint-Hilaire a jeté un jour tout nouveau sur ces commencemens de l’histoire d’Espagne.


— On annonce, pour le 20, la vente de la bibliothèque de M. F. de La Mennais. Cette importante bibliothèque est composée de plus de deux mille ouvrages, dont quelques-uns sont d’une extrême rareté ; ils sont tous revêtus de la signature du propriétaire. On peut prendre connaissance du catalogue chez MM. Paul Daubrée et Cailleux, rue Vivienne, 17.

  1. 1 vol. in-8o, chez Levrault, rue de La’llarpe, 81,