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Page:Revue des Deux Mondes - 1836 - tome 8.djvu/565

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qu’une pareille école normale doit avoir un assez petit nombre d’élèves.

Je ne veux pas omettre ici une des meilleures raisons que ces deux hommes éclairés m’ont données à l’appui de l’externat. « Vous prétendez, m’ont-ils dit, que le pensionnat avec sa forte discipline prépare mieux à la vie du maître d’école. Au contraire, nous sommes convaincus qu’un jeune homme qui a passé quelques années dans la vie commune d’une école normale d’internes, se trouve extrêmement embarrassé quand il sort de là pour se conduire tout seul ; tandis que dans notre système le jeune homme apprend à se conduire lui-même, à traiter avec les autres ; et la vie qu’il mène est l’apprentissage de la vie qu’il mènera plus tard. » Cette raison est forte, et je conviens que les exemples ne manquent pas de jeunes gens qui, après avoir été des saints dans un pensionnat, sortis de là, ne savent plus se conduire, font des sottises, ou du moins sont incapables de se plier à un autre genre de vie que celui de leur couvent.

En résumé, je ne me crois pas obligé de choisir absolument entre les deux systèmes. L’un et l’autre sont bons, selon le pays, selon le temps, et surtout selon l’homme qui est appelé à les mettre en œuvre ; car je ne cesserai jamais de le répéter, autant vaut le directeur, autant vaut l’école. Mais le directeur d’une école normale primaire d’externes doit être un homme d’un bien grand mérite, ou c’en est fait de tout l’établissement.

Quant au point de vue financier, il est ici fort simple. L’école normale primaire de Harlem coûte à l’état 10,000 florins par an (20,000 fr.) pour quarante élèves, tous frais compris, l’entretien des bâtimens et du mobilier et le traitement de M. Prinsen qui est de 1600 florins. Le directeur a de plus un très bon logement à l’école normale.

Telle est la constitution de l’école normale primaire d’externes de la ville de Harlem. Maintenant il s’agirait d’en faire connaître les résultats et de conduire le lecteur, comme MM. Prinsen et Schreuder m’ont conduit moi-même, dans les écoles de la ville où s’exercent les jeunes maîtres. J’ai vu ces jeunes gens appliqués aux différens services de l’instruction primaire. Ils travaillent sous la direction du maître de chaque école qui, lui-même, la plupart du temps, est un ancien élève de l’école normale de M. Prinsen.