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Page:Revue des Deux Mondes - 1836 - tome 8.djvu/513

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et les convenances de famille. Du même. coup, la cour de Vienne supplante à Naples l’influence française, envahit moralement toute l’Italie, tient en échec le gouvernement français en lui refusant une alliance de famille, et obtient tous ces résultats, après avoir annulé la quadruple alliance.

La leçon est forte ; profitera-t-elle ? On a voulu continuer l’ancienne politique, l’Europe s’y refuse ; on a voulu conserver l’antique influence des Bourbons à Naples, l’Autriche y triomphe. On veut entrer dans la famille monarchique de l’Europe, on est repoussé. Les alliances politiques ne s’accordent jamais à la faiblesse qui les recherche, mais à la force qui les commande. Le gouvernement n’obtiendra rien parce qu’il a tout accordé.

Au reste, ce sont là plutôt désagrémens de cour que disgraces nationales. M. de Metternich sert plus qu’il ne pense la cause constitutionnelle de l’Europe ; il semble se fortifier pour un temps à Naples, mais il ne se lie pas à la France, et n’embarrasse pas notre politique d’une alliance qu’il faudrait rompre un jour : il vaut mieux pour la France une princesse qu’elle ira chercher dans une petite cour, que des engagemens avec l’Autriche. La nouvelle du mariage de l’archiduchesse Thérèse avec le roi de Naples a donné naissance à un bruit des plus étranges. On prêtait à quelques hommes politiques le projet d’une alliance entre le duc d’Orléans et Mademoiselle, sœur du duc de Bordeaux. Cette singulière imagination est venue jusqu’aux oreilles du prince royal, et l’a fort irrité ; elle a remué chez lui toutes les passions nationales, et il a manifesté son étonnement qu’une pareille pensée pût être attribuée, même sans raison, à quelques ministres du gouvernement de 1830. Il faut avouer, en effet, que le ministère du 6 septembre compte de singuliers appuis, et que les naïvetés contre-révolutionnaires de quelques-uns de ses amis sont tout-à-fait édifiantes.

Pendant que nous abandonnons, en ce qui nous concerne, le traité de la quadruple alliance, l’Angleterre fait triompher son influence et sa domination à Lisbonne. La constitution de 1822 est renversée, et la charte de don Pedro rétablie. La reine, avec l’assistance de Saldanha, de Palmella et de Carvalho, qu’elle a remis à la tête des affaires, a proclamé de nouveau la charte que son père donna au Portugal, à Rio-Janeiro, le 29 août 1826. La flotte anglaise est restée immobile dans la rade, prête à soutenir, s’il était nécessaire, le changement désiré et préparé par la politique britannique. La population n’a manifesté aucune résistance, et la constitution de 1822 semble avoir succombé définitivement.

Nos différends avec la Suisse sont entièrement terminés, et la France se déclare satisfaite des explications données par la diète. Il est évident que ni la France n’a voulu arracher à la Suisse d’humiliantes réparations, ni la Suisse insulter la France, et violer les convenances et les principes du droit des gens. Il est heureux pour les deux pays que cette malencontreuse affaire ait trouvé un prompt dénouement, et les organes de la publicité doivent s’attacher à calmer toutes les irritations. La France et la Suisse restent et veulent rester éternellement amies. Ce fait a dû triompher de toutes les maladresses, des intrigues et des obscurités que présente