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Page:Revue des Deux Mondes - 1836 - tome 8.djvu/499

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LETTRE


AU


DIRECTEUR DE LA REVUE DES DEUX MONDES




J’espère que je ne fais pas une chose inconvenante en vous demandant de répondre à quelques points de l’article de M. Sainte-Beuve, inséré dans votre dernier numéro. Bien entendu, cette réponse ne portera point sur ses appréciations critiques : un écrivain critique ne peut se défendre qu’en se louant, et en eussé-je la fantaisie, vous ne me permettriez pas de tomber dans ce ridicule. Je n’oublierai pas ce qu’au fond l’article de M. Sainte-Beuve a d’honorable pour moi ; et quant à ses sévérités, outre qu’elles peuvent n’être que de la justice, surtout quand je regarde plus le caractère de M. Sainte-Beuve que sa position de contradicteur littéraire, personne n’a moins que moi le droit de s’en plaindre. J’ai été sévère en jugeant des écrivains, même illustres, et, quoique des critiques, qui effleurent à peine des renommées établies, puissent accabler une réputation qui commence et qui restera toujours fort humble, je ne pouvais pas me flatter d’échapper à l’application de mes propres principes ; je suis attaqué et peut-être battu par mes propres armes ; c’est de la bonne guerre, tant pis pour les vaincus. Si j’ai quelques réclamations à faire, c’est seulement sur deux ou trois points de ma conduite, que M. Sainte-Beuve eût présentés autrement, si des relations plus fréquentes