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Page:Revue des Deux Mondes - 1836 - tome 8.djvu/329

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Les réglemens qu’on donna à la compagnie furent rédigés par des gens sages. Chaque propriétaire ou chef de fabrique put contribuer pour une somme relative à ses moyens. Les moindres mises furent fixées à 5,000 piastres (10,000 fr.), et l’on réduisit les plus fortes à 20,000, pour ne pas laisser aux riches la faculté d’engloutir tous les profits. Les ouvriers réunirent leurs pécules, et ils formèrent entre eux des mises communes qui furent comme de petites commandites incorporées dans la grande. Ces ouvriers, outre leur argent, donnèrent encore leurs peines et leurs soins ; et le salaire de leur travail, joint à celui de leurs capitaux, eut, bientôt répandu l’aisance dans tous les ménages. Les bénéfices du dividende furent réglés à 10 pour cent par an, et l’excédant fut destiné à grossir le capital primitif, qui s’éleva, en deux années, de 600,000 piastres à un million. »

L’union des Ambélakiotes fut troublée par les intrigues du fameux Ali-Pacha ; leur industrie fut ruinée par celle de Manchester. Cette communauté industrielle qui s’était élevée spontanément dans un empire barbare, était comme une oasis de verdure au milieu du désert ; les sables devaient tôt ou tard l’envahir. Mais dans un pays tel que la France, des associations agricoles formées par la réunion des petites propriétés ou par la division des grandes, ne rencontreraient pas les mêmes obstacles. Le mouvement industriel de notre siècle les provoque, un gouvernement libre les protégerait, elles auraient à leur disposition les deux principaux moteurs de l’industrie, la science et les capitaux ; et si elles venaient à échouer au milieu de ces ressources, ce serait uniquement par un vice d’organisation.

(British and Foreign Review[1].

  1. Ce travail, dû à la plume d’un de nos collaborateurs, a été fait pour le British and Foreign Review, et parait concurremment à Londres et dans notre Revue.