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ECRIVAINS CRITIQUES


CONTEMPORAINS[1]





LES POETES LATINS - PRECIS DE L'HISTOIRE DE LA LITTERATURE FRANCAISE, PAR M. NISARD


La critique est de plus en plus difficile et presque nulle : c’est ce que disent bien des personnes, et celle particulièrement dont nous avons à nous occuper. La principale cause de cette décadence me paraît être, que la critique ne s’adresse pas à un public qui ait déjà plus ou moins son avis, qui fasse réellement attention et accorde intérêt au détail du jugement, et qui le contrôle : rien de cela. Le nombre des hommes qui se croient centre, et qui se portent pour chefs d’un mouvement, augmente chaque jour. Autour de chacun se meut une petite sphère, un tourbillon. Ceux qui nous servent dans nos prétentions et qui rentrent dans nos systèmes sont tout ; ceux qui les contrarient ne sont que peu ou rien, ou moins que rien, selon le plus ou moins de superbe du prétendant. Quant aux indifférens,

  1. Il n’avait jamais été écrit dans cette Revue d’appréciation d’aucun des ouvrages de M. Nisard. Une telle omission à l’égard d’un écrivain aussi en crédit devant cesser, et lui-même étant en droit de s’en plaindre, nous nous sommes naturellement adressé, pour la réparer, à M. Sainte-Beuve, qui n’a pas été sans hésiter à prendre cette tâche. Il n’a pu satisfaire à notre demande que par le morceau suivant, que nous insérons en faisant remarquer que c’est en quelque sorte une réponse faite au nom de l’école des poètes aux critiques et aux doctrines d’un adversaire.
    (N. du D.)