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Page:Revue des Deux Mondes - 1836 - tome 8.djvu/120

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DESDEMONA




Parmi les courtisans dont la troupe folâtre
Semait tous les trésors d’un royaume à tes pieds,
Qui t’entouraient partout, dans ta loge, au théâtre,
Dans le palais des lords, et sur leurs escaliers,
Et le jour et la nuit rôdaient sous ta fenêtre,
Il en est un puissant, ô femme ! à qui, peut-être,
Dans tes jours de splendeur, tu n’as jamais pensé,
Et qui pourtant t’aimait d’un amour insensé.
Lui, sans s’inquiéter, cheminait dans le nombre,
Et ne te quittait pas, dans ta vie, un seul jour ;
Il était à tes pas attaché comme une ombre,
Assidu, plus que tous, à te faire sa cour.

Il vous suivait partout, au soleil, à la pluie,
Dans les courses d’Epsom, au bal, au fond des bois,
Courait à vos côtés, excitant de la voix
La fougueuse jument, haletante et ravie,