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Page:Revue des Deux Mondes - 1836 - tome 6.djvu/703

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je les ferai devenir moins qu’ils n’étaient au commencement. Le temps est venu, mon peuple, que vous allez secouer le joug de tous ces tyrans en robes, en simarres et en épées. Alors le prêtre sera comme le citoyen, le seigneur comme le serviteur, la maîtresse comme la servante, le noble comme le bourgeois, celui qui emprunte comme celui qui prête ; ainsi, l’occasion étant favorable, réclamez hautement vos droits, et remettez-vous en possession du privilége de vos pères. »

Vint après le credo patriotique et le pater national.

CREDO.

« Je crois à la puissance du souverain ; j’appréhende celle d’emprunt des magistrats ; celle-là révocable dans le cas de lèse-nation, celle-ci dans le cas de lèse-citoyen ; celle-là cédée par la nation à une suite d’héritiers mâles d’une famille, celle-ci confiée à des citoyens amovibles et révocables. Je crois à la puissance du souverain dans ce qui concerne la justice, la police, le commerce, les arts, la guerre ; je crois à la puissance inaliénable et imprescriptible de la nation, dans ce qui regarde l’admission des subsides, leur répartition, leur perception, la connaissance de leur emploi et leur terme. Je crois au besoin des états généraux fixés à époques peu éloignées, pour que la nation sente son existence morale ; à leur nécessité (sine qua non) pour le renouvellement et la continuation des subsides ; à leur utilité pour la correction des abus en tout genre, et l’exécution de tout ce qu’on imagine de bien à faire. J’attends l’extirpation des vices et le règne des vertus.

« Ainsi soit-il. »

PATER.

«  Notre père qui êtes assis sur le trône des Français, que cette révolution soit heureuse, pour le raffermir, pour la gloire de votre nom, pour la durée de votre règne, pour l’exécution de votre volonté toujours soumise aux lois. Assurez-nous nos propriétés, vengez-nous des offenses qu’on nous a faites jusqu’ici en abusant de votre nom et de votre autorité ; ne nous exposez plus à la puissance des nobles ; mais délivrez-nous-en tout-à-fait.

« Ainsi soit-il. »