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Page:Revue des Deux Mondes - 1836 - tome 6.djvu/502

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Par sa puissance il guérit le cœur malade. Vous pourrez le lire sur le trône élevé de mon père.

« Donnez-moi tout votre amour, consacrez-moi vos sens et votre esprit. Mon nom est Jésus : ceux qui m’aiment le connaissent bien. — Elle le regarda avec tendresse, et se courbant à ses genoux, lui jura fidélité.

« Comment, dit-elle, comment est votre père, ô mon beau fiancé ? pardonnez-moi cette question. — Mon père est très riche. La terre et le ciel lui obéissent. L’homme, le soleil, les étoiles, lui rendent hommage

« Un million de beaux anges s’inclinent devant son trône les yeux baissés. — Si votre père est si puissant et si élevé au-dessus de nous tous mon bien-aimé, comment est votre mère ?

— Jamais il n’y eut dans le monde une femme aussi pure. Elle devint mère d’une façon miraculeuse, sans cesser d’être vierge. — Ah ! si votre mère est si belle et si pure, de quelle contrée venez-vous donc ?

— Je viens du royaume de mon père où tout est joie, beauté, vertu. Là des milliers d’années se passent comme un jour ; d’autres milliers d’années leur succèdent pleines de repos et de félicité.

— Seigneur, que de prodiges vous m’apprenez ! Hâtons-nous donc, ô mon roi, d’arriver à la demeure de votre père. — Restez pure et sincère, je vous donnerai mon royaume et vous y vivrez éternellement.

« Ils continuèrent leur route à travers les champs et les prés, et ils arrivèrent auprès d’un couvent où Jésus voulut entrer. — Hélas ! dit-elle, voulez-vous me quitter ? Si je n’entends plus votre douce voix, je languirai sans cesse.

— Attendez-moi ici, il faut que j’entre dans cette maison. — Il entre, et elle reste à la porte pour l’attendre ; mais, quand elle ne le voit plus, des larmes d’amour tombent sur ses joues.

« Le jour se passe ; le soir arrive, elle attend encore, mais son fiancé ne vient pas. Alors elle s’avance vers le couvent et frappe, et crie : Ouvrez-moi la porte, mon bien-aimé est ici.

« Le portier ouvre et regarde cette jeune fille si belle et si imposante. — Que voulez-vous ? dit-il. Pourquoi venez-vous ici toute seule ? Pourquoi ces larmes ? Dites-moi quel est votre chagrin ?

— Hélas ! celui que j’aime si tendrement m’a quittée. Il est entré dans cette maison et je l’ai attendu long-temps. Dites-lui de sortir, dites-lui de venir me trouver, avant que mon cœur se brise, car il est mon fiancé.

— Jeune fille, celui qui vous a quittée n’est pas venu ici, j’ignore qui est votre bien-aimé. Je ne l’ai pas vu. — Mon père, pourquoi voulez-vous me le cacher ? Mon bien-aimé est ici ; en me quittant, il m’a dit : J’entre dans cette maison.