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Page:Revue des Deux Mondes - 1836 - tome 6.djvu/365

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Et les croix que baignaient les larmes des fidèles,
Ayant laissé tomber le sanglant appareil,
N’avaient plus à leurs pieds que ramures nouvelles
Et gouttes de rosée et rayons de soleil.
L’orgue du sanctuaire entonnait son prélude,

Et sous les grands arceaux la sainte multitude
Ressuscitée aussi dans cet auguste jour,
Chantait alléluia dans un transport d’amour.
Quand je quittai l’église, Avril venait d’éclore :
Les jardins embaumaient les airs comme au printemps ;
Tous les oiseaux lascifs chantaient comme à l’aurore,
La terre tressaillait comme ses habitans.
Et les petites fleurs qu’enivrait la lumière,
Marguerites, épis, roses, brins d’herbe verts,
S’écriaient : « Nous avons entendu sous la terre
Les cloches qui sonnaient Pâques à l’univers,
Et nous sommes venus célébrer le mystère. »


HENRI BLAZE.