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Page:Revue des Deux Mondes - 1836 - tome 6.djvu/356

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PAQUES





Tout ce qui porte, ô Christ ! de ta céleste flamme
Encore une étincelle en son cœur attiédi,
Hommes, filles, enfans, priaient dans Notre-Dame,
A Ténèbres, le soir du sacré vendredi.
La vieillesse encor male et la jeunesse blonde,
Et l’enfance débile, à la voix de fausset,
Chantaient à l’unisson, et l’auguste verset
Montait et descendait sous la voûte profonde.
Tous chantaient pêle-mêle et sans distinction,
Car ce jour-la, Jésus avait à tous ses hôtes
Ouvert le grand portail dle sa triste maison,
Et ces ames pleurant leur misère et leurs fautes
Se confondaient ensemble en leur effusion.
Au chœur, sous les arceaux et dans chaque chapelle,
On récitait la mort du céleste martyr,
Et ses longues douleurs ; hélas ! et comme l’aile
D’un oiseau de la nuit, qui bat sans retentir,
A cette heure d’angoisse et de foi solennelle,
Passait sur tous les fronts la faux du repentir :