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Page:Revue des Deux Mondes - 1836 - tome 6.djvu/194

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de la nécessité d’examiner l’ensemble d’une législation, à chaque modification importante qu’elle est dans le cas de subir.

La culture de la betterave diminuant les revenus du trésor, appelle en France l’attention du gouvernement, et amène la proposition d’une loi qui agite et soulève de graves questions. Une de ces questions, et non la moins importante, est celle de l’avenir des quatre colonies françaises qui sont en possession de la culture de la canne.

Les pays qui produisent le sucre de cannes, et dont nous avons fait l’énumération, sont placés sous deux régimes différens. Les uns, comme les contrées de l’Asie, et en Amérique le Brésil et les anciennes colonies espagnoles, ainsi que les îles danoises et suédoises, sont ouverts à tous les peuples commerçans ; les autres, comme les possessions britanniques des Indes occidentales, la Guiane anglaise, les possessions hollandaises en Amérique et les colonies françaises de la Guadeloupe, la Martinique, Cayenne et Bourbon, sont entièrement réservés au commerce de leurs métropoles. Des possessions hollandaises nous aurons peu à dire. Le peuple hollandais, difficile à décourager, cherche à réparer les désastres qu’un demi-siècle d’évènemens a fait peser sur son commerce et son industrie ; mais il travaille en silence, ne rend nul compte officiel et statistique de ses progrès, ne fait point d’exposition et se soumet patiemment aux restrictions, si elles lui semblent encore dans l’intérêt général.

Il nous reste donc à examiner le véritable effet de l’ancien privilège conservé au commerce des métropoles, sur l’état actuel des colonies anglaises et sur celui des colonies françaises. Là, de légères concessions consacrent le principe plutôt qu’elles ne l’affaiblissent.

Le royaume-uni de la Grande-Bretagne et d’Irlande a importé, année moyenne de 1831, 1832 et 1833,

250,000,000 de kilogrammes de sucre dont il a été réexporté
56,000,000 tant en nature qu’après l’opération du raffinage.

Il est donc resté dans la consommation 194 millions de kilogr. sur lesquels le trésor a perçu un revenu net, déduction faite des primes et drawbacks, de 14,587,000 liv. sterl., ou environ 112 millions de francs.

L’importation se composait de :

218,600,000 kilogrammes sucre des colonies britanniques dans les Indes

occidentales, l’Amérique du sud et à Maurice.

10,600,000 des Indes-Orientales, Sincapore, Java et Philippines.
20,800,000 des colonies étrangères, Brésil, Havane, etc.
250,000,000 pour le total

On voit que l’importation des colonies non affranchies, après qu’elles