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Page:Revue des Deux Mondes - 1836 - tome 6.djvu/148

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SALON


DE 1836




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Je ne parlerai que d’un petit nombre d’ouvrages, non par dédain, mais pour ma conscience. Il me semble que la critique ne doit frapper que quand elle espère ; car autrement, sévère sans mesure, si elle est juste, elle est inutile, et si elle se trompe, elle nuit. Le médiocre, préférable au faux, oblige à se taire par ses qualités mêmes. On le regarde sans vouloir l’aider. Je ne veux pas me tromper en mal ; mon avis entraînera l’éloge, sans que mon silence soit une condamnation.

Les comptes-rendus des journaux n’étant que des opinions personnelles, avant de dire ce que j’approuve, je dois m’expliquer sur ce qui, en général, me semble devoir être approuvé. Non pas que j’aie un système en peinture, car je ne suis pas peintre. Un système, dans l’artiste, c’est de l’amour ; dans le critique, ce n’est que de la haine. Mais pour qu’un jugement puisse avoir quelque poids, il faut en dire clairement les motifs.