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Page:Revue des Deux Mondes - 1836 - tome 6.djvu/133

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DU


NOUVEAU MINISTERE


ET


DE LA NATION




A quoi bon au premier aspect s'occuper des petits changemens survenus dans l’ordre politique depuis peu ? Y a-t-il beaucoup de profit et d’attrait à suivre ces mouvemens incertains et lents, ces intrigues cachées, ces pratiques secrètes qui aboutissent à pousser un homme au faîte, pour en faire trébucher un autre ? Non, si l’on s’arrête à la superficie, si l’on se borne au menu du scandale et de l’anecdote. Oui, dès qu’à travers des apparences plaisantes ou puériles, on sait reconnaître de sérieuses leçons.

Car enfin, sur le théâtre politique, on a beau s’opiniâtrer à ne nous jouer que des proverbes, le grand drame du monde est au fond. On peut le masquer, mais non l’anéantir. Le mouvement des lois humaines est perpétuel ; le fleuve des idées coule toujours, et ceux qui attendent qu’il tarisse seront surpris par la mort dans cette folle espérance :

Rusticus expectat, dum defluat amnis ; at ille
Labitur et labetur in omne volubilis aevum.