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Page:Revue des Deux Mondes - 1836 - tome 5.djvu/716

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Le pays connu sous le nom, de Scandinavie se composait autrefois des trois royaumes de Danemarck, de Suède et de Norvège, auxquels il faut joindre plus tard l’Islande, découverte au IXe siècle, et peuplée par une colonie de Norvégiens. Les habitans de ces trois royaumes provenaient d’une même souche, parlaient une même langue, adoraient un même dieu. C’était là cette terre des hyperboréens, sur laquelle les anciens avaient de merveilleuses idées. C’était cette romantique Thulé que le moyen-âge a entourée de ses fictions, et que Goethe a chantée dans une de ses plus belles ballades [1]. Il suffit de jeter un coup d’œil sur la carte, pour comprendre tout ce que l’imagination des voyageurs a pu rêver d’étrange à l’aspect de cette contrée. Voyez comme elle est là, isolée des autres, resserrée par la mer Baltique, entourée par la mer du Nord, et touchant à la mer Glaciale. De grandes chaînes de montagne la traversent ; des landes sauvages et des marais occupent la moitié de son sol, et les frimas la voilent pendant la plus grande partie de l’année. Rétrogradez avec moi de quelques siècles ; figurez-vous que nous sommes encore au temps où toute cette terre était livrée au paganisme, et que nous venons de France ou d’Italie ; écoutez quelles

  1. Es war ein Koenig in Thule.