Page:Revue des Deux Mondes - 1836 - tome 5.djvu/598

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


LETTRE


À M. DE LAMARTINE




<poem> Lorsque le grand Byron allait quitter Ravenne, Et chercher sur les mers quelque plage lointaine Où finir en héros son immortel ennui, Comme il était assis aux pieds de sa maîtresse, Pâle, et déjà tourné du côté de la Grèce, Celle qu’il appelait alors sa Guiccioli Ouvrit un soir un livre où l’on parlait de lui.

Avez-vous de ce temps conservé la mémoire, Lamartine, et ces vers au prince des proscrits, Vous souvient-il encor qui les avait écrits ? Vous étiez jeune alors, vous, notre chère gloire. Vous veniez d’essayer pour la première fois Ce beau luth éploré qui vibre sous vos doigts. La Muse que le ciel vous avait fiancée Sur votre front rêveur cherchait votre pensée, Vierge craintive encore, amante des lauriers. Vous ne connaissiez pas, noble fils de la France,