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Page:Revue des Deux Mondes - 1836 - tome 5.djvu/337

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Les mœurs et les lois des Perses,
Les mœurs et les lois des Babyloniens,
Quelques usages des Massagètes,
Les lois de l’Égypte, dont l’histoire substantielle est admirablement concentrée dans un court espace ;
Quelques détails sur les Indiens,
Les mœurs et usages des Scythes,
Les mœurs et lois des Libyens,
Les coutumes des Thraces,
L’histoire des révolutions démocratiques d’Athènes et des institutions de Clysthène,
Des renseignemens sur Sparte, ses rois et ses institutions.

Il serait difficile d’expliquer le silence qu’Hérodote a gardé sur Carthage. Quand, dans le septième livre, il nous raconte l’ambassade des Athéniens vers Gélon pour réclamer des secours contre l’ennemi commun, il trouve les Carthaginois sur sa route, car il rapporte cette opinion des Siciliens que Gélon eût secouru la Grèce, si, au même moment, le Carthaginois Amilcar n’eût menacé la Sicile avec une armée de trois cent mille hommes, composée de Phéniciens, d’Ibériens, de Libyens et de Ligyens. Voilà, ce semble, une de ces occasions, comme les aime Hérodote, de dire en passant les origines et les destinées d’un grand peuple. Néanmoins il reste silencieux sur Carthage. Peut-être, parvenu à l’instant où le Perse et le Grec allaient s’étreindre, il n’a pas voulu qu’une nouvelle digression vînt embarrasser son récit et suspendre l’intérêt des grandes scènes qui allaient enfin s’ouvrir.

Si l’on veut être convaincu plus encore de toute l’estime que mérite l’historien d’Halycarnasse, il faut le comparer à ce qui vint après lui. Ctesias est admirable pour grandir Hérodote. Ctesias, né à Cnides, où il est probable qu’il termina ses jours, se trouva à l’expédition du jeune Cyrus contre son frère Artaxercès Mnémon. Fait prisonnier, il dut la faveur d’Ataxercès à sa science médicale ; on dit qu’il vécut dix-sept ans à la cour du roi des Perses. Il écrivit une histoire de Perse en vingt-trois livres, et une histoire de l’Inde en un livre.

Ce dernier ouvrage, que nous ne connaissons que par un extrait de Photius dans sa Bibliothèque, est un amas de folles imaginations