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pouvoir lui résister ; mais l’ours les salue avec ses arquebuses chargées de pierres, et ils s’enfuient au loin.

Les Welsches le virent revenir une seconde fois. Les confédérés se rangèrent en bon ordre, à la voix de leurs chefs.

L’ours était en colère, les Welsches voulurent combattre ; mais quoiqu’ils se trouvassent quatre contre un, ils furent obligés de fuir.

L’ours continuait à rugir, et tous les confédérés disaient : Que les W elsches arrivent, nous nous battrons avec eux tout le jour !

Voilà pourquoi je loue les gens de Berne, de Fribourg, de Bienne, de Soleure, et des autres villes de la confédération, car ils ont valeureusement combattu.

Les hommes de Lucerne cependant ne veulent pas rester en arrière. Quoiqu’on leur eût écrit de ne pas venir, ils refusent de rester chez eux et se joignent aux soldats de Berne.

Quand ceux de Bâle apprennent que l’ours est sorti de sa tanière, ils lui envoient des renforts, des hommes à pied et à cheval avec de bonnes armes.

Les nouveaux venus se réunissent aux troupes de Berne et partent ensemble pour Grandson. Alors on entend jour et nuit retentir les coups d’arquebuse jusqu’à ce que Grandson soit gagné.

Un dimanche matin, les confédérés se précipitent joyeusement à l’assaut, ils s’emparent des portes, et deviennent maîtres de la, ville, sans éprouver aucun échec.

………

Ils mettent une garnison sûre dans le château et se dirigent avec une nouvelle ardeur du côté de Berne. Il y avait là aussi un très bon château bien fortifié.

Ils s’élancent sur les remparts, sans s’inquiéter des pierres qu’on leur jette ni des coups d’arquebuse. Ils parviennent à faire une brèche dans la muraille, et plus d’un homme brave entre par là sans crainte d’y laisser sa vie.

Les Bernois s’avancent les premiers, et puis viennent ceux de Bâle ; ils arrivent, et bientôt on voit au-dessus de la forteresse flotter l’étendard bleu et blanc de Lucerne.

Berney place ensuite le sien, et celui de Bâle ne se fait pas attendre. Toutes les villes agirent de leur mieux, je dois leur donner cette louange.

Quand les Welsches, qui étaient au château, virent qu’ils étaient pris, ils jetèrent les armes bas, et demandèrent grace au nom de Dieu et de la Vierge.

S’ils se fussent rendus plus tôt, on leur eût accordé la vie. Mais on repousse leur prière, et ils prennent la résolution de se défendre.

Ils se retranchent dans une tour où il est très difficile d’arriver. Ils sont