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Page:Revue des Deux Mondes - 1836 - tome 5.djvu/210

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savans que nous. Ils nous ont gratifiés de deux recueils de poésies populaires qui sont bien la plus pitoyable chose que je connaisse [1]. Il serait par trop triste de penser que nous n’avons point de meilleure chanson populaire que nos complaintes de village : Malbrough s’en va-t’en guerre ; ou bien : A boire ! à boire ! etc. Herder a traduit et publié, dans ses Volkslieder, deux pièces empruntées à notre littérature, et qu’il donne comme chants populaires. La première est la romance de la comtesse de Linda [2] ; la seconde est cette jolie et gracieuse chanson attribuée à Henri IV :

Viens, aurore, je t’implore,

Je suis gai quand je te vois,

Espérons que pour l’étude de notre littérature, nous ne resterons pas en arrière des étrangers.

L’Angleterre, l’Ecosse, c’est là, comme on le sait, le pays des vieilles ballades et des fictions populaires. Nulle part peut-être, si ce n’est en Allemagne, les traditions poétiques anciennes ne se sont conservées aussi longtemps. Il n’y a pas plus de trente ans que Walter Scott se faisait encore redire ces vieilles chansons par la mère de Hoog, le poète, et c’est d’elle qu’il a appris sa belle ballade de lord Thomas et d’Anne la jolie. Aussi les poésies populaires ont-elles donné lieu à d’importans travaux en Angleterre. Le premier de tous est celui de Percy [3]. C’est de tous les ouvrages du même genre celui qui a peut-être le plus contribué à propager au dehors le goût des poésies traditionnelles, en montrant combien de riches documens on pouvait y puiser pour l’histoire de l’art, et pour l’histoire d’une nation. Après sont venus les travaux de Warton [4], Ellis [5], Ritson [6], Ewan [7], Jamieson [8], et Walter Scott clot dignement cette liste d’œuvres érudites avec ses chants du Border [9].

La Hollande est riche aussi en chants populaires, surtout en chants religieux et mystiques et en légendes historiques. Toutes ces anciennes poésies étaient éparses dans divers recueils, connus sous le titre de Blauwboekjies.

  1. L’un est de M. Büsching, l’autre de-M. O.-L.-B. Wolff.
  2. Recueil de romances, 1767.
  3. Reliques of ancient english poetry, 2 vol. in-8°.
  4. The history of english poetry, 4 vol.
  5. Specimens of early english metrical romances, 3 vol.
  6. Ancient english metrical romances.
  7. Old Ballads, I, vol.
  8. Popular songs.
  9. Border’s Minstrelsy.