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Page:Revue des Deux Mondes - 1835 - tome 1.djvu/72

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VII


Les dames de Paris savent par la gazette
Que l’air de Bade est noble, et parfaitement sain.
Comme on va chez Herbault faire un peu de toilette.
On fait de la santé là-bas ; c’est une emplette :
Des roses au visage, et de la neige au sein ;
Ce qui n’est défendu par aucun médecin.

VIII


Bien entendu d’ailleurs que le but du voyage
Est de prendre les eaux ; c’est un compte réglé.
D’eaux, je n’en ai point vu lorsque j’y suis allé.
Mais qu’on n’en puisse voir, je n’en mets rien en gage ;
Je crois même, en honneur, que l’eau du voisinage
A, quand on l’examine, un petit goût salé.

IX


Or, comme on a dansé tout l’hiver, on est lasse.
On accourt donc à Bade avec l’intention
De n’y pas soupçonner l’ombre d’un violon.
Mais dès qu’il y fait nuit, que voulez-vous qu’on fasse ?
Personne au vieux Château, personne à la Terrasse ;
On entre à la Maison de Conversation.

X


Cette maison se trouve être un gros bloc fossile,
Taillé de vive force à grands coups de moellon ;
C’est comme un temple grec, tout recouvert en tuile ;
Une espèce de grange avec un péristyle.
Je ne sais quoi d’informe, et n’ayant pas de nom ;
Comme un grenier à foin, bâtard du Parthénon.