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Page:Revue des Deux Mondes - 1835 - tome 1.djvu/696

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Ainsi se composent les forces catholiques aristocrates dans les chambres et en dehors des chambres, en y ajoutant toutefois le nom d’un homme qui joua son rôle durant les premiers temps de la révolution, et qui s’est réfugié depuis dans une position moins en évidence, tout en conservant cependant une influence sourde, et non moins réelle pour cela, sur les affaires du gouvernement. Je parle de M. de Gerlache, qui cessa de faire partie de la représentation nationale pour entrer dans l’ordre judiciaire comme premier magistrat du royaume. M. de Gerlache, président de la cour de cassation, ne sert pas moins le parti catholique que lorsqu’il présidait le congrès et la chambre des représentans. Mais c’est dans l’ombre qu’il s’occupe à coudre quelques mailles au grand filet apostolique, que la nouvelle congrégation belge doit étendre un jour sur toute la surface du pays.


§. II. — PARTI CATHOLIQUE OPPOSANT.

J’ai dit quels étaient les hommes sur lesquels s’appuient en ce moment les espérances du haut parti catholique, c’est-à-dire du parti qui tend à reconstituer la monarchie absolue sur les bases de la prédominance ecclésiastique. On a vu ce parti, allié à la jeune monarchie du roi Léopold, s’en faire un bouclier contre les prétentions libérales, jusqu’à ce qu’il en puisse forger une épée tranchante et aiguë, qui soit dans sa main un instrument aveugle de terreur et de nivellement de toute autre puissance et de toute autre autorité.

En attendant que le pouvoir royal devienne assez fort pour revendiquer son droit, une fraction du parti catholique se sépare violemment de la masse et s’allie à la pensée libérale en lutte avec cette pensée de réaction. Cette fraction, au lieu de faire rétrograder l’élément religieux, le met en tête du mouvement des idées et le fait peuple dans toute l’acception du mot. Cette fraction demande le suffrage universel et la nationalité avant tout. Elle ne veut pas de privilèges pour les prêtres, point de salaire pour eux, ni d’exemptions, même pour le service militaire, qui serait remplacé par une contribution en argent. Elle nage en pleine eau de républicanisme, et n’a plus qu’un pas à faire pour suivre M. l’abbé