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Page:Revue des Deux Mondes - 1835 - tome 1.djvu/678

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La première couche bien tranchée que l’on rencontre à la superficie de l’opinion en Belgique, est composée d’un amalgame de ces deux principes opposés qui luttent entre eux, le libéralisme et le catholicisme. Mais si l’on creuse plus avant, chacune de ces deux divisions se subdivise elle-même en deux autres catégories, et chacune de ces catégories forme un parti politique qui a son étendard, ses soldats, son mot de ralliement. La chambre des représentans, qui est censée traduire la pensée du pays, offre donc les quatre classifications suivantes : 1° un parti catholique aristocrate ; 2° un parti catholique opposant ; 3° un parti libéral gouvernemental ; 4° un parti libéral d’opposition.

Les catholiques aristocrates ont fait alliance avec une fraction du parti libéral, et leur réunion constitue la majorité parlementaire qui soutient le gouvernement du roi Léopold. Cette majorité englobe les quatre cinquièmes de la chambre. L’opposition ne compte que dix-huit voix, sur cent deux, qui lui soient complètement acquises. La république a seulement trois organes, et l’orangisme n’est nullement représenté. Nous passerons en revue les hommes qui appartiennent à chacun de ces quatre partis, soit dans les deux chambres, soit en dehors de l’action parlementaire, tout en annonçant d’avance que nous n’avons aucunement l’intention de développer ici des théories politiques, ni d’agiter devant nos lecteurs une grave et savante dissertation, mais bien de nous borner à quelques notes biographiques et anecdotiques, lesquelles, à défaut d’autre intérêt, offriront du moins celui de la nouveauté.


§ Ier. — PARTI CATHOLIQUE ARISTOCRATE.

Certes, ce ne dut pas être un léger sujet d’étonnement pour ceux qui avaient apprécié l’influence ecclésiastique dans le mouvement révolutionnaire belge, d’entendre cette population si amoureuse de processions et de messes, appeler, par la voix de son congrès, un prince protestant à la gouverner ; et la surprise ne s’accrut-elle pas encore quand on vit ce nouveau trône schismatique défendu par une majorité catholique contre les attaques d’une opposition libérale ? C’est que d’une part l’aristocratie du parti catholique, menacée dans son essence par le débordement de