Page:Revue des Deux Mondes - 1835 - tome 1.djvu/582

Cette page a été validée par deux contributeurs.



CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.


----


28 février 1835.


Il y eut un temps où le roi de France obéissant, on ne sait pourquoi, à l’opinion publique, accepta la démission de son premier ministre, et lui permit de se retirer dans ses terres : Ce roi, c’était Louis XV, et ce ministre, le duc de Choiseul. De sa retraite de Chanteloup, M. de Choiseul continua cependant de diriger les affaires du royaume. Le roi ne faisait rien sans prendre ses avis, et les messagers du prince connaissaient bien mieux la route de Marly à Chanteloup, que celle de Versailles où résidaient les ministres. Le XVIIIe siècle nous revient au complet. On a beau forcer de voiles vers l’empire, le vaisseau qui porte nos destinées politiques dérive sans cesse, et vogue vers un autre régime absolu, plus conforme à notre relâchement, à l’insouciance qui domine en tout, à la mollesse qui nous engourdit et nous abat. On veut jouer le rôle de Henri IV, qui traitait lui-même, sous son pourpoint gris, avec toutes les puissances, et l’on ne se rapproche que du régent qui conspirait derrière les portes, contre Dubois et ses ministres. On parle de passer les bottes de Napoléon, et de monter à cheval pour changer l’opinion publique qui se montre un peu rebelle, et le malheur veut qu’on exhume involontairement les dernières paroles de Charles X. On se propose Louis XIV pour modèle, et