Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1835 - tome 1.djvu/509

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


In dolce armonia
E viva Maria
E chi la creò.
Per far la sua madre
Pria d’esser fanciulla
In fin dalla culla
Iddio la mirò.

Alors les passans et les ouvriers, dont le travail a cessé, s’arrêtent au signal de Y Ave Maria ; les femmes sortent avec leurs enfans devant la porte de leurs maisons, se jettent à genoux d’aussi loin qu’elles entendent le chant, et mêlent leurs voix à celles du chœur, adressant leur salutation et leur prière à la mère du Seigneur. Lorsqu’un des chanteurs a cessé de chanter ce solo :

Affetti e pensieri
Dell’ anima mia,
Lodate Maria
E chi la creò.

Il n’est pas une voix, de près ou de loin, qui n’éclate en répondant le refrain :

E viva Maria,
Maria viva,
E viva Maria
E chi la creò

Point d’église, point de chapelle de village, si petite qu’elle soit, qui, pendant la veille de la fête de la madone, ou la soirée des samedis, jours qui lui sont spécialement consacrés, ne retentisse de chants populaires composés en son honneur.

J’ai vu dans Rome, à l’un des coins de rues qui avoisinent le Panthéon, une petite chapelle qui, presque chaque samedi, dimanche ou jour de fête, offrait le soir le spectacle de cette simple et pieuse cérémonie populaire ; le Viva Maria retentissait jusqu’aux rues les plus éloignées.

Dans toutes les contrées de l’Italie, même vénération pour la Vierge, à Naples comme à Venise, sur les montagnes comme sur les côtes et dans les îles. J’ai assisté, dans l’île de Caprée, à un