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Page:Revue des Deux Mondes - 1835 - tome 1.djvu/472

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présidence apparente du conseil ? Quand on envoie à Londres l’ombre d’un ambassadeur, on peut avoir une autre ombre pour premier ministre. Mais que la France ne s’inquiète pas, ses destinées reposent sur une tête qui prétend avoir en elle tout son conseil !

— Il a été fait de magnifiques descriptions du bal de M. Dupin ; on a célébré dans toutes les langues cette fête du tiers-parti, cette royale réception de son chef politique. C’était plus qu’un bal, on pouvait y voir une manifestation de puissance, et M. Dupin avait voulu montrer qu’il n’était pas en complète disgrâce. Le roi, qui ne boude personne, y avait envoyé le duc d’Orléans et le duc de Nemours ; deux ministres seulement y assistaient : le maréchal Mortier et M. Persil. Les centres protestaient, dans leurs causeries, contre un président parlementaire qui ne marche plus avec eux ; ils semblaient rappeler à M. Dupin qu’il était l’auteur du ministère Bassano, création avortée aussitôt que conçue. Le corps diplomatique allait là pour observer, et l’on a remarqué que c’est surtout auprès des ambassadeurs que le président de la chambre s’est montré le plus empressé.

Toute la soirée, il n’a été question que de la créance américaine, et M. Dupin a entamé une vive discussion avec M. Persil sur l’insuffisance des pièces fournies à la commission, si bien, qu’en sortant du bal, quelques ministériels se sont écriés : « Il est impossible que nous gardions un président aussi franchement hostile ; en France, le rôle de M. Manners-Sutton serait difficile. »




THEATRE FRANÇAIS.

La seconde représentation de Chatterton a pleinement confirmé le succès éclatant obtenu jeudi dernier par M. Alfred de Vigny. Malgré le plaisir bien naturel que nous éprouvons à constater le résultat de cette double épreuve, si favorable à un de nos amis, noire devoir, on le comprend sans peine, nous prescrivait d’accueillir les réflexions publiées dans notre n° d’aujourd’hui par le rédacteur à qui nous avons confié les théâtres.

Il y a trois mois, lorsque la pièce jouée jeudi dernier n’était pas encore lue aux acteurs de la Comédie française, la Revue a résumé en formules générales l’histoire du théâtre en France. Elle a conclu à l’insuffisance de l’analyse et du pamphlet. Elle a demandé pour l’avenir l’analyse dans l’action. Elle s’applaudit, comme elle doit le faire, très sérieusement.