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Page:Revue des Deux Mondes - 1835 - tome 1.djvu/465

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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.


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14 février 1835.


La diplomatie aura son concile en Angleterre ; tous les vieux patriarches du droit public européen, tel que l’entendait l’alliance de 1815, vont délibérer sur les faits politiques nés depuis la révolution de juillet. M. Pozzo di Borgo est à Londres ; il y trouvera le prince Esterhazy ; M. de Bulow doit y représenter la Prusse ; ce sont là d’anciennes connaissances qui plus d’une fois se rencontrèrent dans les transactions des cabinets contre les peuples. Ce sera, sous une nouvelle forme, un nouveau congrès dont les protocoles qui se préparent, auront un peu plus de retentissement dans l’Europe absolutiste que les actes de la conférence de Londres, dont le ridicule a fait justice.

On se tromperait pourtant si l’on s’imaginait que les trois diplomates qui tiendront cour plénière à l’ambassade russe, sont des hommes tout-à-fait dévoués aux principes et aux idées de la contre-révolution. Le prince Esterhazy ne manque ni de lumières, ni d’intelligence du temps présent ; il a une longue habitude des affaires, une connaissance approfondie des faits qui nous entourent et qui pressent les gouvernemens. L’école de M. de Metternich est plus éclairée, plus libérale qu’on ne le croit généralement. Le statu quo est l’idée fondamentale de la monarchie