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Page:Revue des Deux Mondes - 1835 - tome 1.djvu/288

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REVUE DES DEUX MONDES.

3° Chaque accouplement est suivi d’une ponte ;

4° Le nombre de ces accouplemens successifs ne permet pas à la femelle de couver les œufs et de soigner ses petits, et c’est pour qu’elle puisse satisfaire à cet instinct de changement qu’elle a reçu un autre instinct par lequel elle confie à des soins étrangers sa progéniture.

Nous avons dit que plusieurs naturalistes anciens et modernes supposaient que le coucou ne quitte point notre pays, mais qu’à l’approche de la mauvaise saison, il s’enfonce dans des trous où il reste jusqu’au printemps ; les migrations de ces oiseaux avaient dû en effet être moins remarquées que celles de la plupart des espèces voyageuses, car, ainsi que le fait observer M. Prévost, les coucous parlent et arrivent isolément, tandis que les autres oiseaux de passage, plusieurs jours même avant de se mettre en route, se réunissent en bandes nombreuses ; c’est ce que chacun, par exemple, a pu observer pour les hirondelles. Quoiqu’on ait rarement occasion d’observer le départ des coucous, on sait, à n’en pouvoir douter, qu’au commencement de l’automne, ils se rendent en Afrique ; à Malte, on les voit passer deux fois l’an en même temps que les cailles, et que certaines espèces de passereaux.

Il arrive souvent qu’à l’époque du départ, les derniers éclos n’ont pas encore la force nécessaire pour suivre leurs compagnons ; ne pouvant supporter le froid, ils vont chercher refuge dans des trous où ils vivent misérablement, mangeant des araignées ou des larves qu’ils trouvent dans le bois pourri. Avant que cette ressource leur ait manqué, et elle cesse nécessairement vers le mois d’octobre, ils perdent leurs plumes, se recouvrent d’une espèce de gale, et deviennent si laids, que quand on les a trouvés à cette époque, leur peau rugueuse, leurs gros yeux et leur large bec qui s’ouvre pour demander la pâture, les ont fait généralement comparer à des crapauds. Montbeillard, qui refuse, on ne sait pourquoi, de croire à ce fait, qu’attestent des témoins nombreux et irréprochables, suppose que ce sont de vrais crapauds qu’on a pris pour des coucous ; une pareille assertion n’a pas besoin d’être réfutée ; elle est d’autant plus étrange de la part de cet écrivain, qu’il savait que les jeunes coucous conservés en cage perdent leurs plumes et