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Page:Revue des Deux Mondes - 1835 - tome 1.djvu/279

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HISTOIRE NATURELLE.

précautions convenables, puisque celles que rapporte Montbeillard donnent un résultat.

Lothinger soutenait encore que le coucou femelle enlève les œufs qui se trouvent dans le nid où elle dépose le sien. D’autres observations, faites en Angleterre par le célèbre Jenner, semblèrent prouver que c’était le jeune coucou lui-même qui se chargeait du soin de vider le nid. Il reconnut cependant que, dans certains cas, c’est la couveuse qui, lorsque son nid est trop plein, fait tomber quelques-uns des œufs en cherchant à les arranger ; l’accident porte presque toujours sur les siens, mais cela tient seulement à ce que l’œuf étranger, étant le plus gros et le plus lourd, occupe naturellement le fond, et se trouve ainsi moins exposé à tomber.

Jenner a décrit, avec beaucoup de soin et de précision, les manœuvres qu’emploie le jeune coucou pour rester seul en possession du nid. « Peu d’heures après sa naissance, on le voit, dit l’observateur, s’agiter et chercher à se glisser sous le petit oiseau dont il partage le berceau. Il parvient enfin à le placer sur son dos où il le retient en élevant ses ailes ; alors, se traînant à reculons jusqu’au bord du nid, il se repose un instant, puis, faisant un effort, il jette sa charge dehors ; il reste, après cette opération, fort peu de temps sans tâter avec l’extrémité de ses ailes, comme s’il voulait se convaincre du succès de son entreprise.

« En grimpant sur les bords élevés du nid, le coucou laisse quelquefois tomber sa charge, mais il recommence bientôt son travail, et ne le discontinue que lorsqu’il est venu à bout de son entreprise. On est surpris de voir les efforts réitérés d’un coucou de deux ou trois jouis, lorsqu’on voit à côté de lui un petit oiseau déjà trop lourd pour qu’il puisse le soulever ; il est alors dans une agitation continuelle et ne cesse de travailler. Mais, quand il est âgé de douze jours environ, il perd le désir de jeter dehors ses compagnons, et s’il lui en reste, il ne les inquiète plus ; il paraît bien moins gêné de la présence des œufs que de celle des petits, et on a vu souvent un coucou de neuf à dix jours ne pas toucher à un œuf qu’on plaçait près de lui, et chasser un petit oiseau qu’on y mettait en même temps.

« La configuration particulière du jeune coucou, différente de