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Page:Revue des Deux Mondes - 1835 - tome 1.djvu/277

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HISTOIRE NATURELLE.

qui sont de telle nature qu’il a deux doigts derrière et deux devant et desquels ceux de la partie du dehors sont les plus grands, comme es pics-verds. » Belon parle des mœurs de l’oiseau d’une manière assez incomplète sans doute, mais telle cependant que si les observations postérieures permettent d’ajouter beaucoup à ce qu’il a écrit, elles n’obligent pas à en retrancher une seule ligne.

« Nature, dit-il, a montré à l’endroit de cet oyseau qu’elle est soigneuse de son ouvrage : car comme le coqu ne pond qu’un œuf, et lequel il pouvait bien mettre au nid d’un serin, tarin, pinson, ou autre animal qui abesche ses petits de grain, toutefois elle a voulu lu y chercher le nid d’un oyseau décent à sa nourriture, luy enseignant qu’il faylloit qu’il le mist en celui d’un oyseau qui nourrist ses petits de verms, et principalement d’une fauvette, qui était anciennement nommée curruca. Il a esté aussi veu pondre au nid d’une alouette contre terre, et au nid d’un coulomb ramier, et au nid d’un verdier. Si nature eust permis que le coqu eust mis son œuf dedens le nid d’un plus petit oyseau que lui, elle eust esté injuste si elle eust fait qu’il eust pondu plusieurs œufs : car luy qui est de grosse corpulence estant repu par un si petit oyseau comme est la fauvette, fust mort de faim si le père et la mère n’eussent fourni à la mangeaille ; mais comme le père et la mère pouvoient bien fournir à une quantité de petits, ainsi pourront-ils bien satisfaire à la nourriture d’un seul ou deux coqus, encore qu’ils mangent par jour autant de viande qu’eussent peu faire leurs six petits oysillons. »


Belon parle de la transformation de l’épervier en coucou, fable déjà réfutée du temps d’Aristote, et à laquelle il était lui-même bien loin d’ajouter foi ; il ne la rappelle probablement que pour avoir l’occasion de citer un vieux dicton à double entente qu’on me permettra de ne pas reproduire ici. Aldrovande n’a pas aperçu l’équivoque, et, s’en tenant au sens le plus décent, il a été conduit à supposer qu’en France on croyait généralement à la métamorphose du coucou.


Aldrovande et Gesner ont parlé beaucoup plus longuement que Belon des habitudes du coucou, et ont entassé à ce sujet une foule de citations qui n’apprennent rien autre chose, si ce n’est que cet