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Page:Revue des Deux Mondes - 1835 - tome 1.djvu/166

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MUSIQUE


DES DRAMES


DE SHAKSPEARE.




Entre la poésie et la musique l’union est tellement profonde, intime et naturelle, qu’il semble impossible que l’une des deux aille sans que l’autre la suive. Là où la poésie a passé, les rameaux qu’elle a courbés ne se relèvent pas, les brins d’herbe gardent le pli qu’elle leur a fait prendre ; car les rameaux et les brins d’herbe savent qu’il doit venir tôt ou tard une nymphe aussi blanche et légère dont les pieds délicats suivront la même trace. Ces deux filles du ciel s’appellent éternellement ; l’une parle ou chante, et l’autre aussitôt lui répond en sa langue divine. Voyez Shakspeare, prenez un de ses drames, abandonnez-vous tout entier à la pensée du maître, à sa fantaisie, et bientôt, si vous avez en votre esprit quelque grain de lumière par où le rayon poétique puisse vous saisir, bientôt vous serez transporté dans un monde inconnu. Là plus de paroles, mais seulement des sons, des voix, des chœurs étranges.