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Page:Revue des Deux Mondes - 1835 - tome 1.djvu/133

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LES INDIENS


DE LA PAMPA.





A peine a-t-on fait vingt lieues dans l’ouest de Buenos-Ayres, que déjà ces plaines immenses qui s’étendent des rives de la Plata au pied des Andes semblent désertes. De loin en loin apparaissent de misérables cabanes, semées comme des balises sur la route du Chili ; et il y a tant de silence autour de ces habitations, qu’on est étonné d’en voir sortir des visages humains. Aucune trace de culture ; pas un arbre, pas un buisson ; des horizons immenses, mais mornes et tristes, animés seulement çà et là par le passage d’une autruche, le galop d’un gaucho rassemblant les débris de ses troupeaux, décimés par la sécheresse, les guerres civiles et les Indiens, dont les incursions, si fréquentes depuis ces dernières années, ont achevé de désoler le pays.

Quelquefois victorieux, le plus souvent repoussés, leur nombre semble ne jamais diminuer ; errans et nomades comme l’Arabe du désert, la Pampa leur offre dans ses impénétrables retraites des