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HISTOIRE


POLITIQUE




Toutes les époques politiques sont dominées par certaines formules, par des mots jetés aux masses. Les assemblées délibérantes ont presse surtout que l’on définisse ainsi une situation, car alors autour de cette définition souvent hasardée, bizarre même, se rallient les esprit paresseux, les hommes qui ne veulent pas se donner la peine de réfléchir et d’agir, et ceux-là sont la majorité.

Suivez le gouvernement et les chambres depuis quinze ans ; les intérêts de la société ont été oubliés pour des besoins, des idées factices et passagères. Un ministre venait à la tribune et vous disait en commençant une session : Il faut faire de la religion ; l’année suivante : Il faut faire de la monarchie. Aujourd’hui le mot d’ordre a changé, mais la pensée reste la même ; un ministre est aussi monté à la tribune et nous a dit : Il faut faire de la résistance. Cette phrase résume parfaitement la situation singulière que la royauté de juillet s’est faite. Aussi la majorité, jusque-là incertaine, morcelée en mille systèmes, brisée en petites fractions, s’est-elle groupée fièrement autour de la résistance. C’est que ce mot