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Page:Revue des Deux Mondes - 1834 - tome 2.djvu/563

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LE SOUPER CHEZ LE COMMANDEUR. 557 service que de le surveiller un peu dans son travail. Je te prie aussi de lui rappeler que j’étais de l’ordre de Saint-Jacques. DON JUAN. Est-ce tout, commandeur ? LE COM.MANDEUR. Raconte-lui ce qui s’est passé dans mon sépulcre cette nuit. Ta conversion est une histoire à clore dignement le livre de notre famille. DON JUAN. Ho ! ho ! qu’est-ce que je vois là ? mon cheval couvert de soie et de velours comme pour un triomphe ! LE C03DIANDEUR. Tu craignais pour lui le froid du matin , j’ai fait jeter ma cape sur ses épaules. DON JUAN. Y penses-tu, commandeur ? elle est aux armes de ta famille. LE C03IMANDEUR. N’es-tu pas l’époux d’Anna ? DON JUAN. C’est vrai , le mariage est consommé par la chair et par l’esprit. LE COMMANDEUR. Prends-les, mon fils, je te les donne. Le soleil de notie famille n’aura fait que passer sous la terre, il va renaître et se lever tout glorieux à l’autre point du ciel. La stupeur des hommes sera grande. Nous te donnons nos armes ici-bas , et là-haut notre bénédiction. DON JUAN. Je porterai votre bénédiction dans mon ame , et vos armes sur ma poitrine comme font les pères de la Merci à Tolède. LE COMMANDEUR. La terre se réveille à l’explosion des soleils ; le chœur des statues se tait, celui des hommes va commencer.